Philippe JACQUES - PHOTOGRAPHE

 Philippe Jacques 

    Avant, la photographie ne m'intéressait absolument pas... l'image en général d'ailleurs. J'étais plus attiré par les sons et la musique. C'est Jean Casanave, mon beau-père, qui a, peu à peu, fait de moi un passionné. Comme il avait été un professionnel de la photographie dans un journal, des éléments de technique revenaient souvent dans les conversations en famille : prise de vue, format de pellicule, focales, développement, tirage... c'était toujours intéressant. Mais il ne faisait pas que parler, il m'a prêté, puis donné des appareils (son Yashica Mat et sa chambre 13X18 Gilles Faller), son agrandisseur... et même du vieux papier et encore sa collection de magazines "Zoom" des années soixante-dix ! La magie a alors opéré... depuis, je suis mordu.
   C'était à l'époque du passage général au numérique. J'ai donc plongé dans l'univers argentique alors qu'il se voyait condamné. C'était peu engageant et nous avons passé quelques années sombres où les revues spécialisées constataient de mois en mois le déclin du film. Mon beau-père lui-même avait depuis longtemps été capté par les pixels.
   Aujourd'hui, le climat a changé et le nombre des amateurs de photo "à l'ancienne" se maintient et semble même avoir tendance à s'accroître. Les gens apprécient désormais le charme du vrai noir et blanc. Entre temps, ma passion a évolué ; j'ai essayé tous les formats, du 24X36 au 13X18, en passant par la photo stéréo. Je suis devenu collectionneur d'appareils anciens... à condition qu'ils soient en état de servir, ces vieux boîtiers métalliques bien construits et élégants !
   J'aime savoir que je suis limité dans mon nombre de prises de vues, devoir attendre le moment du développement, nourrir de grandes espérances sur les photos que j'ai faites avant de les voir, ranger, classer les négatifs et, ce faisant, retrouver d'anciens clichés que j'avais oubliés et qui n'en ont que plus d'attrait... Le numérique, immédiat, sans mystère, tout en plastique, m'ennuie !

Top